Si vous vivez sous un rocher depuis quelques mois, vous n’êtes peut-être pas au courant que l’homme-araignée est de retour au cinéma, pour un nouveau reboot. C’était pas gagné avec les guéguerres de studios, mais on a enfin le droit au Spider-Man qu’on mérite. Un reboot frais, léger, fun, et porté par un Tom Holland fait pour le rôle.

“Encore un film Spider-Man ?!”

“Et pourquoi c’est pas le même acteur que le dernier ?!” “Encore un reboot ?!” “Il a l’air beaucoup trop jeune !!” “Et comment ça se fait qu’il y a Iron Man dedans ?!”

Wowowowo. Pas si vite, on va répondre à toutes les questions. Je vais juste d’abord dire un petit mot à propos de cet article.

Chez nous, toute l’équipe est passionnée de tech, mais pas que. On adore aussi le cinéma et la culture geek, qui sont souvent étroitement reliés à l’univers high tech. C’est pourquoi on a décidé que de temps en temps on donnerait notre ressenti sur un film qu’on est allé voir au ciné, ou même un jeu auquel on a joué, si on pense que c’est intéressant et que ça pourrait vous plaire aussi. Il n’y aura pas que des “reviews”, on parlera de tout et n’importe quoi, du moment que ça a sa place dans cette nouvelle rubrique.

Bon, maintenant que c’est dit, commençons par nous intéresser à pourquoi la franchise de l’homme-araignée a encore subi un “reboot” et, subséquemment, pourquoi ce changement d’acteur.

Tout commence par une histoire de droits d’auteur (et donc d’argent, fatalement). Le personnage de Spider-Man est détenu par Sony, qui a exploité celui-ci dans 5 films au cinéma depuis le premier Spider-Man de Sam Raimi en 2002, avec Tobey Maguire dans le rôle-titre. Puis la franchise avait déjà été rebootée en 2012 par Marc Webb avec The Amazing Spider-Man, une nouvelle “origin story” avec cette fois-ci Andrew Garfield dans le costume. Pendant ce temps-là, du côté du studio concurrent Disney-Marvel, on avait déjà commencé à établir un “Univers Cinématographique” , le MCU – Marvel Cinematic Universe, où tous les films étaient liés les uns les autres depuis Iron Man en 2008 (L’incroyable Hulk, Iron Man 2, Captain America : First Avenger, Thor, Avengers).

MCU

L’engouement des films de super-héros était à son comble, et ce MCU avait l’air de prendre beaucoup d’ampleur au box-office et d’avoir énormément de succès auprès du public, et c’est en voyant cela que Sony a décidé de tenter de reproduire leur modèle en établissant un univers de multiples films autour de Spider-Man. Naquit alors une suite à The Amazing Spider-Man en 2014, avec plusieurs personnages et scènes post-générique censées introduire une floppée de films à venir. Oui mais voilà, le film n’ayant pas très bien été accueilli par les critiques, et Andrew Garfield ayant décidé de raccrocher le costume, Sony était revenu au point de départ, et a du prendre la lourde décision d’annuler ses projets d’univers cinématographique.

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Il ne restait alors qu’une seule solution à Sony pour faire survivre le personnage de Spider-Man au cinéma (après l’avoir maltraité à plusieurs reprises) tout en continuant à engranger de l’argent sur son dos : un partenariat avec Disney-Marvel pour l’introduire dans le MCU (oui, parce que revendre les droits de Spider-Man à Marvel impliquerait que Sony ne toucherait plus d’argent dessus, vous comprenez). C’est un partenariat tout bénef’ pour Disney-Marvel aussi, puisqu’il implique de pouvoir utiliser dans leur MCU un personnage emblématique de l’éditeur de comics et ainsi d’augmenter la popularité de leurs films, déjà extrêmement populaires (Avengers a dépassé le milliard de recettes au box-office en 2012).

Après plusieurs mois de négociations (et un scandale d’e-mails fuités de chez Sony qui les a mis encore plus dans le pétrin), les deux studios sont enfin arrivés à un accord pour introduire Peter Parker aux côtés des Avengers. Il a donc fallu ensuite trouver un acteur pour endosser le costume de l’homme-araignée, et de préférence un acteur jeune qui puisse jouer le rôle de Spider-Man à ses débuts et durant quelques années. Le choix s’est alors porté sur le jeune anglais Tom Holland. L’accord ayant été signé durant le tournage de Captain America : Civil War, Spider-Man a pu y être ajouté au dernier moment et le script adapté en conséquence. À la suite de ça, les studios ont commencé à travailler sur un nouveau film solo pour Spider-Man, ce qui a donc donné le Spider-Man Homecoming dans les salles aujourd’hui.

Captain-America-Civil-War-Spider-Man

Voilà grosso modo comment on en est arrivés là. Et si on parlait du film maintenant ?

Spider-Man Homecoming est sorti le 12 juillet 2017 dans nos salles obscures. Il est réalisé par Jon Watts (Cop Car), et affiche un casting de qualité : Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr. , Marisa Tomei ou encore Jennifer Connelly dans le rôle de l’intelligence artificielle du costume de Peter. Je suis allé voir le film hier soir, donc je suis chaud pour vous écrire mon ressenti sur celui-ci.

Plus besoin de réitérer son histoire d’origine

On l’avait déjà vue deux fois en dix ans avec Spider-Man et The Amazing Spider-Man, il va de soi que le public connaît très bien l’histoire de Peter Parker. Aussi, pas de piqûre d’araignée mutante, de jeune geek qui se découvre des super-pouvoirs, pas un énième Bouffon Vert en méchant (on l’a assez vu en 15 ans) et surtout, l’Oncle Ben n’a pas besoin de mourir à l’écran une fois de plus pour lancer Peter sur les sentiers de la justice. Dans le film, Spider-Man est déjà un héros établi puisque l’action se déroule après son intervention dans Captain America : Civil War, où il campe le joker dans la manche de Tony Stark, a.k.a Iron Man. D’ailleurs, le film commence en une séquence d’introduction assez fun, puisqu’elle est filmée en mode “reportage” depuis le smartphone de Peter Parker, durant l’affrontement dans Civil War. Une séquence qui donne bien le ton du film en rapportant des éléments importants et pas forcément drôles et en les dédramatisant un petit peu depuis le point de vue d’un adolescent qui se voit propulsé au milieu de ces héros qui sont ses idoles, et qui décide de tout filmer tellement ça lui semble irréel. Il partagera d’ailleurs cette euphorie avec son ami Ned qui découvre sa double vie très vite dans le film. Celui-ci apporte les notes comiques du film et s’en sort pas trop mal de ce côté-là.

spiderman veste jaune

[La parenthèse High Tech

En tant que blog high tech, je suis obligé de dire deux mots sur le fameux costume de ce Spider-Man… Dans cette séquence d’intro, on voit aussi Stark offrir à Peter son costume de Spider-Man fabriqué par ses soins, un costume ultra high tech doté d’une intelligence artificielle (doublée par Jennifer Connelly) similaire à Jarvis, celle de l’armure d’Iron Man, ainsi que toute une batterie de technologies beaucoup trop cools pour un gamin de 15 ans ! Au cours du film on le verra tester une ribambelle des fonctions différentes toutes plus farfelues les unes que les autres incluses dans le costume, du “mode de combat avancé” au “mode d’interrogation avancé”, en passant par les drones de reconnaissance ou encore la fameuse “grenade de toile”. D’ailleurs il me semble bien que Tony mentionne que ce costume lui a coûté plusieurs millions de dollars… Hé oui, Spider-Man est peut-être un héros de quartier, mais il est à la pointe de la technologie !]

Spider-Man-Homecoming-Tech

Bref, revenons à nos moutons. Ce ton un peu léger et fun, c’est vraiment l’esprit de Spider-Man que l’on veut retrouver (et que l’on retrouve d’ailleurs) dans le film, mais qui tourne quand même au sérieux quand la situation l’exige. C’est un Peter Parker de 15 ans que l’on retrouve, encore au lycée, un ado geek, un peu gauche et amoureux d’une fille, qui continue à vivre comme tel malgré sa nouvelle double vie. Et là je tiens à dire que c’est très bien d’avoir choisi Tom Holland pour ce rôle qui, je pense, lui va à merveille. Il est important de préciser que dans les comics Peter Parker devient Spider-Man à 15 ans. Pour le coup, Tom est un acteur vraiment jeune qui passe bien pour un lycéen puisqu’il n’avait que 20 ans au moment du tournage, alors que Tobey Maguire et Andrew Garfield avaient respectivement 27 et 29 ans lorsqu’ils ont enfilé le collant pour la première fois, dur de passer pour un ado à cet âge-là. Mais au-delà de ça, là où Garfield manquait de gnaque en tant que Spider-Man, et Maguire faisait passer Peter Parker pour un demeuré, Holland a réussi à capter l’essence du personnage et équilibrer son jeu d’acteur de façon à briller sur les deux tableaux.

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Alors non, ce n’est pas une origin story et Spider-Man est déjà implanté dans le récit et la ville connaît son nom. Cependant c’est tout de même nouveau pour lui, et malgré sa volonté de passer directement dans la cour des grands, on voit tout au long du film qu’il n’est pas encore prêt et a besoin de plus d’entraînement physique mais aussi de grandir un peu dans sa tête. Il veut bien faire, mais n’a pas forcément les bonnes méthodes pour y arriver et il prend de mauvaises décisions, et ce malgré les instructions de son mentor Tony Stark. Cependant toutes ces péripéties sont très instructives pour lui et, sans spoiler, il fait un choix étonnamment très mature en fin de film qui est typique de notre Spidey bien aimé.

Une histoire plausible et un méchant cool

le vautour

Bien entendu dans un film, le plus important c’est le scénario. Ici, l’histoire se déroule de façon fluide sans vraiment de problèmes de temps morts (une ou deux longueurs mais rien de très handicapant au montage final). L’histoire tient la route et n’est pas exagérée au possible dans la gravité de la situation, il n’y a pas de scénario ‘fin du monde’.

Mais ce qui fait aussi un bon film, c’est un bon méchant. L’immense Michael Keaton joue ici le rôle d’Adrian Toomes, alias Le Vautour. Toomes est un entrepreneur en bâtiment qui, suite aux événements du premier film Avengers (la bataille qui a détruit la moitié de New York) décroche un contrat avec la ville pour récupérer et déblayer les carcasses des vaisseaux Chitauri (les envahisseurs aliens, vous suivez toujours ?). Cependant on lui coupe l’herbe sous le pied puisqu’une grosse entreprise (Damage Control) mandatée par Tony Stark reprend les rennes du chantier et le prive ainsi de son gagne-pain. Excédé mais ne pouvant rien faire face au géant de l’industrie Stark, Toomes vole une source d’énergie de technologie alien sur le chantier, dans le but de l’exploiter avec son équipe pour se faire de l’argent. Huit ans plus tard, il se trouve que Toomes est à la tête d’un gros réseau secret de trafic d’armes destructrices de technologies alien qu’ils fabriquent eux-mêmes dans un entrepôt abandonné, et organise de temps en temps des casses pour voler ces mêmes matériaux alien et continuer à produire et vendre des armes. Il opère lui-même sur ses casses grâce à d’énormes ailes en métal Chitauri et un casque de pilote semblable à un oiseau (d’où, “Le Vautour”). Durant huit années, il passe incognito, et agit assez discrètement pour ne pas se retrouver sur le radar du FBI ou pire, des Avengers. Oui mais voilà, à cause d’employés un peu trop zélés, il se retrouve sur le radar de Spider-Man, et ainsi va commencer le face-à-face.

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Le Vautour est un personnage crédible, c’est un père de famille qui a tout perdu à cause de la bataille des Avengers et de Tony Stark l’empêchant d’exploiter ses chantiers. Il a recours à tous les moyens pour faire vivre sa famille, et il ne reculera devant rien pour eux. En soi c’est une raison noble, et c’est ce qui le rend presque “légitime” (on le plaindrait presque un peu jusqu’à ce qu’il commence à tuer des gens). Michael Keaton est un acteur formidable et très convaincant dans ce rôle de méchant, et c’est un bon premier adversaire de taille pour un Spider-Man qui cherche encore ses marques. Ici, pas de scénario “fin du monde”, pas de faille spatio-temporelle et d’invasion alien ou d’arme menaçant de détruire le monde. Le film reste dans les cordes d’un héros “street-level” (le héros du quartier quoi) et c’est ce qui le rend cool.

J’ai entendu dire que certains déploraient un manque de scènes d’action. Je pense qu’il y en avait assez pour le type de menace que représente Le Vautour. Pas de surplus d’effets spéciaux et d’explosions inutiles, juste ce qu’il faut, là où il faut. Ça vaut aussi pour l’humour, il est bien dosé, et ce n’est pas le festival de blagues et de traits d’esprits lancés à tort et à travers comme Marvel a tant l’habitude de le faire dans ses films. En revanche la scène d’action finale est à mon sens un peu filmée à la va-vite et très brouillon, on ne comprend pas trop comment se déroule le combat. C’est une des seules choses que je reprocherais au film, avec un ou deux raccourcis scénaristiques tournant bien évidemment à l’avantage du héros.

Donc on en pense quoi ?

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé. J’ai aimé parce que j’avais besoin de voir un film Spider-Man comme celui-là, un film fun et léger, un Peter Parker jeune et enthousiaste, proche des comics, et pas glauque et dépressif. En plus de ça, Spider-Man Homecoming s’ancre très bien dans le MCU de par sa situation initiale, mais il fonctionne également très bien comme un film à part entière, sans avoir besoin de se rattacher aux autres pour faire vivre une aventure. On aimera aussi les apparitions clin d’œil de personnages comme Shocker ou encore celui interprété par Zendaya.

Côté casting, tout est au point : Tom Holland fait un très bon Peter Parker ET un très bon Spider-Man, Michael Keaton est toujours fantastique à voir (surtout en méchant), et les seconds rôles s’en sortent bien aussi. Je ne l’ai pas vu en 3D (et il paraîtrait que ça vaut le coup), mais j’ai été satisfait de tous les aspects visuels du film (pas de plans inutiles et/ou forcés).

Bref, si vous aimez Spider-Man, le fun, les films de super-héros qui se prennent pas trop la tête mais restent quand même cohérents et ne partent pas dans tous les sens, foncez. Si vous aviez des doutes quant à la prestation de Tom Holland parce que votre Tobey ou votre Andrew vous manque, allez-y quand même, vous ne le regretterez pas. Si vous voulez voir le costume super high tech de Spidey en action, courez-y. Et enfin, si vous ne voulez pas rater les premières aventures solo de votre lanceur de toiles préféré au sein du Marvel Cinematic Universe, avec un Iron Man en bonus, dois-je vraiment vous convaincre ?

Si vous avez encore des doutes, checkez une dernière fois la bande-annonce :