Actualités High TechDagoma Interview

Il y a quelques temps, nous vous présentions rapidement dans un article Focus la startup Dagoma, fabricants français d’imprimantes 3D. Aujourd’hui, nous rentrons dans le vif du sujet, après nous être entretenus une petite demi-heure au téléphone avec Matthieu Régnier, co-fondateur de l’entreprise.

Un des créateurs de Dagoma nous a gentiment accordé un interview téléphonique afin d’en apprendre un peu plus sur cette jeune startup française. Des entonnoirs 3D aux courses de trottinettes dans les locaux, voici ce qu’il en est ressorti.

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Matthieu & Gauthier, fondateurs de Dagoma

Tech Corner : Pouvez-vous vous présenter, et nous dire quelle est votre fonction au sein de Dagoma ?

Matthieu Régnier :  Tout-à-fait, je m’appelle donc Matthieu Régnier, j’ai 28 ans, et je suis le co-fondateur de Dagoma avec Gauthier Vignon. Qu’est-ce que je fais chez Dago ? Je m’occupe de toute la partie amont, R&D et tout ce qui se passe avant la mise en production des machines, outils, softwares, etc.

T.C : Pouvez-vous nous parler un peu plus en détail de Dagoma ? 

M.R : Dagoma, c’est une boîte qui conçoit, fabrique, et vend des imprimantes 3D. Étant vraiment positionnés autour du monde de la 3D, notre objectif est de rendre accessible l’impression 3D. Pas seulement l’imprimante, mais aussi le fait d’avoir un objet dans les mains qui soit issu de sa production personnelle. Ceci passe bien sûr dans un premier temps par la mise en place d’imprimantes, puis cela va nous amener doucement dans les mois qui viennent à la mise en place de softwares, logiciels, plateformes web et services divers.

T.C : De logiciels de création d’objets et modélisation 3D ?

M.R : Alors, pas forcément dans un premier temps, mais déjà de transformation de l’objet vers un fichier qui soit imprimable.

T.C : Donc un fichier déjà récupéré sur Internet, que l’on pourra ensuite adapter à ce que l’on souhaite ?

M.R : Exactement.

T.C : Sur la partie Internet, avez-vous pour vocation de créer un espace de partage pour ces fichiers ?

M.R : Pas forcément, il y existe déjà beaucoup d’espaces de partages de ce genre de fichiers, beaucoup d’acteurs qui font bien le boulot. Aucune certitude ni garantie sur ce point-là, mais on essaiera plutôt d’y ajouter du service.

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T.C : Quels types de services souhaitez-vous ajouter, justement ?

M.R : Simplifier le fait que ce soit imprimable, rendre l’impression plus facile et plus rapide, et peut-être rendre la modification pour certains types de pièces plus évidente, voire intégrée dans le flow de l’utilisateur. Ce genre de choses.

T.C : Chez Dagoma, vous êtes connus pour rendre l’impression 3D accessible par le prix, mais là vous allez donc plus loin que la barrière du prix, vous allez vraiment sur l’aide à l’utilisateur, c’est bien ça ?

M.R : On essaye d’y aller depuis le début, notamment avec une version de notre logiciel dédié à notre imprimante, baptisé Cura by Dagoma. C’est un logiciel Open Source que l’on a customisé, un software très simplifié avec une interface graphique très accessible. Avec ce logiciel hyper simple d’utilisation, nous voulons que l’utilisateur n’ait vraiment aucune question à se poser au niveau des réglages et de la configuration lorsqu’il veut imprimer une coque de téléphone ou je ne sais quoi d’autre.

 

Cura by Dagoma

Cura by Dagoma

T.C : Qu’est-ce qui vous a poussés à vous lancer sur le marché des imprimantes 3D ?

M.R : Très très bonne question ! Il s’agit déjà d’une rencontre entre Gauthier et moi, où on s’est rendus compte qu’on avait beaucoup de choses à partager et à s’apprendre mutuellement. Deuxièmement, c’est le fait que nous avons utilisé une imprimante 3D pour réaliser un prototype de vélo. Lors de cette réalisation, on s’est dit que le vélo est probablement génial, mais on ne le saura jamais, puisque ce qui est vraiment extraordinaire dans tout ça, c’est surtout l’imprimante. Elle peut servir à faire un vélo, mais elle peut aussi servir à faire n’importe quoi d’autre, et il faut que l’on donne accès à ce « n’importe quoi d’autre » à tout le monde. C’est à ce moment-là que l’on s’est rendus compte de l’importance de créer une imprimante 3D qui soit vraiment simple d’utilisation, puisque la toute première qu’on a utilisée, on a mis deux semaines à deux ingénieurs pour commencer à savoir s’en servir. Donc nous avons voulu créer une machine hyper simple, fiable, et pratique d’utilisation.

T.C : Qu’est-ce qui vous différencie des autres acteurs du marché ?

Dagoma 3D

M.R : Notre volonté est de faire une sorte de « package tout compris » avec la machine, le software, qui soit vraiment confortable pour l’usage. Est-ce que cela nous différencie ou pas de la concurrence, je laisse à chacun la possibilité de se faire son opinion, mais c’est là notre réel objectif.

T.C : Vous imprimez vous-même toutes vos imprimantes 3D. Comment vous en est venue l’idée ?

M.R : On avait dans les mains une technologie qui permettait de faire une production unitaire. Ce que j’entends par là, c’est par exemple, au lieu d’aller acheter un presse-agrumes, je vais plutôt l’imprimer. D’ailleurs, ce sont des choses que j’ai réellement vécues. Lorsque j’étais en Chine, je ne trouvais pas de presse-agrumes, j’en ai donc imprimé un. En plus de ça, j’ai la possibilité de le faire de la bonne taille pour qu’il vienne directement se clipser sur un verre. De même, j’ai eu un jour besoin d’un entonnoir, que je n’ai pas pu trouver car je ne connaissait pas le mot en chinois, j’en ai donc imprimé un. Quand on se rend compte que l’on peut imprimer des objets de la vie de tous les jours qui ont une vraie fonctionnalité, que ça ne nous coûte pas plus cher et pas plus de temps que de prendre la voiture, d’aller dans un supermarché,  et de trouver le bon produit qui nous correspond… On s’est alors dit qu’il fallait absolument que l’on utilise cette technologie pour faire de la production. Le plus tôt on allait le faire, le plus tôt on allait être capable de prouver non seulement à nos clients que c’est une vraie machine performante, mais aussi au monde de la production et de la vente que l’impression 3D allait changer la façon dont les gens consomment.

T.C : J’imagine que vous avez une imprimante 3D chez vous, vous imprimez quoi avec ?

M.R : J’ai imprimé pas mal de choses pour ma cuisine, puis récemment des objets un peu déco et design. Ma femme a imprimé il y a peu de temps des bijoux également, qui ont été customisés à posteriori avec des formes, couleurs, etc. Il y a donc aussi des possibilités dans le monde des loisirs créatifs. J’ai aussi imprimé des pièces de remplacement, par exemple un porte-gourde de vélo. Au lieu d’en racheter un neuf, plutôt simplement imprimer la partie à remplacer.

Impressions

T.C : Dagoma demain, ça donnera quoi ? Quelles sont vos perspectives d’agrandissement ? 

M.R : On a envie de grandir localement, de devenir votre centre de réparation et de transformation de vos produits. On a envie de vous apprendre à utiliser vos machines, grâce à de la formation que l’on est en train de déployer en ce moment, il y a notamment un programme de formation à Paris, à Toulouse ou encore à Bordeaux. Nous voulons vous accompagner dans la découverte de cette technologie, vous aider à la comprendre et à l’utiliser. Comment ça va continuer de grandir ? C’est une bonne question encore… À mon avis, il y aura de plus en plus de services. Vous n’allez pas avoir 30 imprimantes 3D chez vous, seulement une, mais vous aurez peut-être besoin un jour d’imprimer un capot ou un pare-choc de voiture. Dans ce cas-là, vous aurez certainement besoin de sous-traiter cette production, et demander par exemple à un centre de proximité pour les objets plus gros. Enfin voilà, ce sont quelques axes de développement éventuels à plus long terme. En tout cas aujourd’hui Dagoma va continuer de fabriquer le plus localement possible les imprimantes 3D que vous aurez chez vous.

T.C : Alors, question un peu bonus. On s’est posés la question sur le fait que justement vous imprimez vos imprimantes. Mais quelle était la première imprimante ? C’est un peu la question de l’œuf ou la poule !

M.R : (Rires) Alors bien évidemment la toute première imprimante, on l’a achetée. Il s’agissait d’un modèle qui était lui-même déjà imprimé, une RepRap (qui veut dire Reproduce Rapidly), qui existe depuis un moment maintenant, que l’on admire et que l’on apprécie fortement. C’était le modèle I2 (Iteration 2).

T.C : Avez-vous des anecdotes marrantes à raconter sur Dagoma, l’équipe, la culture d’entreprise ?

M.R : C’est une super question, j’adorerais avoir la bonne réponse vu qu’il y en a tellement ! Mais je pense que le truc le plus sympa et le plus fun c’est que très vite chez Dago on a eu besoin d’espace, vu qu’on produit et qu’on a besoin de mettre des machines les unes à la suite des autres. On a donc vite eu un soucis de déplacement, il fallait qu’on marche beaucoup pour aller d’un endroit à un autre. On est pas encore sponsorisés, mais on cherche un sponsor pour nous équiper en trottinettes puisque c’est le déplacement ultime chez Dago. Et donc, si vous ne maîtrisez pas la trottinette ou le skate, voire le monocyle – puisqu’il y a aussi deux monocycles qui se baladent chez nous – et bien vous ne pouvez pas être embauchés !

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T.C : Un test d’entrée assez original pour le coup !

M.R : Voilà ! Et il y a donc des courses de trottinettes, ainsi qu’un circuit de trottinettes, c’est devenu un peu une politique !

T.C : Et utiliser des Ninebots ou des gyroroues, c’est tricher ou pas ?

M.R : Ah bien sûr, c’est complètement tricher ! Ici c’est la force physique qui est mise à l’honneur ! Non, en vrai on est en train d’hésiter si on achète des trottinettes électriques ou pas. (Rires). Mais affaire à suivre !

T.C : Matthieu, merci beaucoup pour ces réponses, nous vous souhaitons une excellente fin de journée !

M.R : Merci à vous, et à très vite !

Site web de Dagoma 

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